Toliara, le 16 février 2026
Dans le cadre de la mise en œuvre de la Politique Générale de l’État pour la Refondation et des actions prioritaires en faveur de la sécurité alimentaire, le Gouvernement de la République de Madagascar, à travers le Ministère de l’Agriculture et de l’Élevage (MINAE), intensifie ses interventions structurantes dans la région Atsimo Andrefana afin de soutenir durablement la production agricole.

À la suite de la signature de conventions de coopération entre la République de Madagascar et les Émirats arabes unis, tenue à Abu Dhabi, une usine de production d’engrais a été implantée à Toliara. Cette unité industrielle produira 30 tonnes d’engrais organique par jour afin de faciliter l’accès des agriculteurs à des intrants de qualité à des prix abordables.
L’objectif de cette initiative est d’améliorer la disponibilité des engrais et d’en réduire le coût sur l’ensemble du territoire malagasy, tout en mettant en place des réseaux de distribution dans les différentes régions, notamment dans les principaux bassins rizicoles tels que le Bas-Mangoky, Ambatondrazaka et Marovoay. Le Président de la Refondation de la République de Madagascar a souligné que l’accompagnement des agriculteurs seront renforcés afin de démontrer que l’État malagasy, à travers le MINAE, suit de près les difficultés auxquelles ils font face. Cette action s’inscrit dans la priorité gouvernementale d’atteindre l’autosuffisance alimentaire, dans laquelle les engrais et les semences jouent un rôle essentiel.

L’engrais produit est un engrais organique à base de guano de chauve-souris, respectueux de l’environnement, contribuant à la préservation de la fertilité des sols et au développement d’une agriculture durable. Des partenariats sont également prévus entre les agriculteurs producteurs et le secteur privée pour l’approvisionnement en matières premières nécessaires au fonctionnement de l’usine, générant ainsi des revenus supplémentaires pour les ménages agricoles et des opportunités d’emplois pour les populations locales.
Le périmètre irrigué du Bas Mangoky : un levier stratégique relancé
Le périmètre irrigué (PI) du Bas Mangoky, avec une superficie irrigable de 7 750 hectares, constitue l’un des plus importants aménagements hydro-agricoles du pays et un pilier de la production rizicole nationale. Confronté ces dernières années à un ensablement massif lié à la dégradation du bassin versant du fleuve Mangoky, le périmètre a connu de sérieuses perturbations dans l’approvisionnement en eau, affectant la production agricole et la cohésion sociale, notamment dans les nouvelles extensions (P2).

Afin de préparer la campagne agricole 2025–2026, le MINAE, avec l’appui de la Banque Africaine de Développement (BAD) à travers le projet PURPA, a engagé des travaux majeurs d’entretien et de réhabilitation. Ceux-ci ont permis la réparation de deux pelles hydrauliques, désormais opérationnelles, la fourniture de carburant nécessaire au fonctionnement des engins, ainsi que la mobilisation du personnel technique et de la main-d’œuvre locale.
Les travaux de curage des canaux, achevés début janvier 2026, ont permis la remise en eau effective du périmètre à partir du 5 janvier 2026, assurant ainsi les conditions nécessaires à la réussite de la campagne culturale en cours.
Une forte implication communautaire et un renforcement de la gouvernance
En complément, des travaux d’entretien en Haute Intensité de Main-d’Œuvre (HIMO), soutenus par le projet FSRP à travers l’ACDM/PAM, ont mobilisé 80 000 hommes-jours au profit des canaux principaux P1 et P2. Ces interventions, achevées le 11 février 2026, traduisent l’engagement actif des Associations des Usagers de l’Eau (AUE) dans la gestion durable du périmètre.
Par ailleurs, un Comité ad hoc de gestion du PI du Bas Mangoky a été mis en place et rendu opérationnel afin d’améliorer la gouvernance du périmètre, le recouvrement des redevances et la préparation des futures structures fédératives. Des consultations locales sont également en cours pour résoudre les problématiques liées à la distribution des terres dans la nouvelle extension.
Protection des cultures : lancement de la 2ᵉ campagne de lutte antiacridienne
Ces efforts de sécurisation de la production agricole s’inscrivent dans un contexte plus large de protection des cultures face aux menaces acridiennes. Le 17 janvier 2026 à Tuléar, le Gouvernement, à travers le MINAE et le Centre national antiacridien (IFVM), avec l’appui technique de la FAO et le financement de la Banque mondiale, a procédé au lancement officiel de la deuxième campagne de lutte antiacridienne 2025–2026.

Cette campagne prévoit le traitement d’au moins 600 000 hectares par des opérations aériennes et terrestres, afin de protéger les cultures et les pâturages et de préserver durablement les moyens de subsistance des populations rurales, en particulier dans les régions du Sud et du Sud-Ouest.
Une approche intégrée au service de la sécurité alimentaire
La relance effective du périmètre irrigué du Bas Mangoky et le déploiement de la lutte antiacridienne traduisent une approche intégrée de l’État visant à sécuriser les facteurs clés de la production agricole : l’eau, la terre et la protection des cultures. Ces actions coordonnées renforcent la résilience des systèmes agricoles, soutiennent les producteurs et contribuent à la stabilité alimentaire et économique du pays.

Le Ministère de l’Agriculture et de l’Élevage réaffirme son engagement à poursuivre ces efforts, tout en appelant à la mobilisation de financements complémentaires pour assurer la continuité des opérations, notamment en matière de maintenance des équipements et d’appui aux acteurs de terrain.
« Des producteurs prospère pour une nation bien nourrie »