Anosy, 15 juin 2026 – Les résultats et les acquis des techniciens du Ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire (MiASA) ayant participé à une mission de renforcement des connaissances et des compétences en Corée du Sud sont désormais palpables. Cette mission, centrée sur le modèle de cantines scolaires basées sur les achats locaux ou Home-Grown School Feeding (HGSF), s’inscrit dans la dynamique nationale visant à renforcer les liens entre agriculture, nutrition, éducation et développement local.

Cette initiative intervient dans un contexte où Madagascar poursuit ses efforts pour faire des cantines scolaires un véritable levier de développement territorial. Le modèle HGSF, déjà promu à travers plusieurs programmes pilotes dans le pays, vise à approvisionner les cantines scolaires à partir de la production locale, créant ainsi des débouchés durables pour les agriculteurs tout en améliorant la qualité de l’alimentation des élèves.
Au cours de leur séjour en Corée du Sud, les techniciens du MiASA ont pu observer les mécanismes qui ont permis au pays de mettre en place un système performant et durable d’alimentation scolaire. Plusieurs enseignements majeurs ont été identifiés.
Le premier concerne l’institutionnalisation et le financement du programme. L’expérience coréenne démontre qu’un cadre législatif solide, accompagné d’un mécanisme de financement clairement défini entre l’État central, les collectivités locales et les établissements scolaires, constitue un facteur déterminant de réussite. Cette gouvernance structurée garantit la continuité et l’efficacité du dispositif.
Le second enseignement porte sur l’approche intégrée entre agriculture et éducation. En Corée, les cantines scolaires représentent bien plus qu’un programme nutritionnel. Elles constituent également un marché organisé pour les producteurs locaux, grâce à des systèmes de contractualisation et à l’implication de coopératives agricoles. Cette organisation favorise la réduction des pertes post-récolte, sécurise les débouchés et renforce les économies locales.
Les participants ont également relevé l’importance de la digitalisation des achats et des approvisionnements. L’utilisation de plateformes numériques dédiées permet d’assurer la transparence des transactions, d’améliorer la gestion des commandes et de garantir la traçabilité des produits alimentaires distribués dans les écoles.
Enfin, la mission a mis en évidence la nécessité d’une exigence sanitaire rigoureuse tout au long de la chaîne d’approvisionnement. L’application systématique des normes de sécurité alimentaire contribue à garantir la qualité des repas servis aux élèves et à renforcer la confiance des différents acteurs impliqués.
À l’issue de cette mission, plusieurs recommandations ont été formulées pour accompagner le développement du HGSF à Madagascar. À court terme, les participants préconisent un renforcement de la coordination entre les ministères concernés et les collectivités territoriales décentralisées. À moyen terme, ils recommandent la mise en place d’une phase pilote inspirée du modèle coréen, notamment à travers la création de centres d’intégration alimentaire et la contractualisation avec les organisations de producteurs locaux. À plus long terme, l’élaboration d’un cadre législatif dédié à l’alimentation scolaire apparaît comme une priorité afin de sécuriser les ressources financières et d’assurer la pérennité du programme.

À travers cette mission d’apprentissage et de partage d’expériences, le MiASA réaffirme son engagement à soutenir la mise à l’échelle progressive des cantines scolaires basées sur les achats locaux. Les acquis de la Corée du Sud constituent ainsi une source d’inspiration précieuse pour renforcer la souveraineté alimentaire, améliorer la nutrition des élèves et promouvoir un développement agricole inclusif et durable à Madagascar.