Assises régionales pour la relance économique axées sur l’Agribusiness_Régions Analamanga, Itasy, Vakinankaratra et Bongolava

Antsirabe, 22 et 23 janvier 2026

Les régions d’Itasy, Vakinankaratra, Bongolava et Analamanga reposent largement sur l’agriculture et l’élevage et présentent un fort potentiel dans le secteur de l’agribusiness, grâce à la complémentarité entre les zones de production, de transformation et de commercialisation.

Environ 100 participants clés ont pris part aux échanges, représentant les agriculteurs, les éleveurs, le secteur privé, les petites et moyennes entreprises, les projets et programmes, les services techniques déconcentrés ainsi que l’ensemble des partenaires issus des régions Itasy, Vakinankaratra, Analamanga et Bongolava.

Les échanges ont permis d’identifier huit filières agricoles prioritaires à fort potentiel de développement de l’Agribusiness et de création de valeur ajoutée dans ces régions, à savoir : le riz irrigué, le riz pluvial, la baie rose, le café, le maïs, les fruits, l’aviculture et la filière lait.

Ces principales filières présentent un potentiel économique considérable, tant en termes de chiffre d’affaires que de création de valeur ajoutée, à condition d’apporter des améliorations techniques, organisationnelles et structurelles.

La filière riz irrigué, pilier de la sécurité alimentaire et de l’économie rurale, génère actuellement un chiffre d’affaires moyen estimé à 2,4 millions d’ariary par hectare et par an ; avec une valeur ajoutée estimée à 850 000 ariary par hectare et par an. Grâce à l’amélioration des pratiques culturales, à l’accès aux intrants de qualité et à une meilleure organisation de la production, ce chiffre pourrait atteindre 4,8 millions d’ariary par hectare. La filière riz pluvial affiche également un potentiel important, avec un chiffre d’affaires pouvant passer de 1,8 million à 4,2 millions d’ariary par hectare et par an, et une valeur ajoutée avoisinant 990 000 ariary par hectare.

Parmi les filières à forte valeur marchande, la filière café se distingue par un chiffre d’affaires actuel estimé à 40 millions d’ariary par hectare et par an, confirmant son importance économique, notamment pour les exploitations orientées vers les marchés spécialisés et l’exportation. La baie rose, quant à elle, constitue l’une des filières les plus rentables, avec un chiffre d’affaires annuel actuel d’environ 480 millions d’ariary, pouvant atteindre 600 millions d’ariary avec des améliorations en matière de transformation et de commercialisation. Sa valeur ajoutée est estimée à 6 millions d’ariary par tonne, soulignant son fort potentiel de contribution à l’économie nationale.

La filière lait représente un levier économique majeur. La production actuelle, estimée à 100 millions de litres par an, génère un chiffre d’affaires d’environ 150 milliards d’ariary. Cette filière offre ainsi des perspectives importantes en matière de revenus, d’emplois et de substitution aux importations.

D’autres filières contribuent également de manière significative à l’économie régionale voire même nationale. Les cultures de tubercules génèrent actuellement un chiffre d’affaires d’environ 330 millions d’ariary par an, avec un potentiel de croissance à 400 millions d’ariary. La filière aviculture se positionne comme l’une des plus dynamiques, avec un chiffre d’affaires annuel compris entre 120 et 150 milliards d’ariary, soutenu par une production régionale de 5 à 7 millions de poulets de chair par an. Enfin, la filière fruits, avec une production annuelle d’environ 2 700 tonnes, génère actuellement 810 millions d’ariary, chiffre qui pourrait atteindre 1,35 milliard d’ariary grâce à une meilleure valorisation des produits et à l’amélioration des circuits de commercialisation.

Toutefois, la concertation a mis en lumière plusieurs contraintes majeures freinant le développement de l’entrepreneuriat agricole, notamment les difficultés liées à la sécurisation foncière, les taux d’intérêt élevés au niveau des institutions de microfinance, l’insuffisance des débouchés commerciaux, l’absence de structures organisées de commercialisation des produits agricoles, ainsi que la présence excessive d’intermédiaires sur les marchés.

Face à ces défis, des solutions prioritaires et réalisables ont été proposées, incluant :

  • la facilitation de l’accès à la propriété foncière,
  • la mise en place d’une banque dédiée aux producteurs agricoles,
  • l’instauration de mécanismes clairs et structurés de commercialisation,
  • et l’appui aux producteurs pour l’amélioration de la productivité à travers la distribution de semences de qualité, la facilitation de l’accès aux intrants à coût abordable, la formation et la vulgarisation des techniques de production modernes.

À l’issue des concertations régionales, le processus se poursuivra par une première concertation nationale entre l’État et le secteur privé, prévue dans quelques semaines, en vue de définir des actions concertées pour la relance de l’économie et la transformation structurelle du secteur agricole à Madagascar.

« Des producteurs prospères, pour une nation bien nourrie »

« Mpamokatra mahomby, antoky ny firenena manjary ara-tsakafo”

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