Face à la menace persistante du Criquet migrateur malagasy, le Gouvernement de Madagascar, à travers le Ministère de l’Agriculture et de l’Élevage (MINAE), a procédé au lancement officiel de la deuxième campagne de lutte antiacridienne (2025–2026), le 17 janvier 2025 à Tuléar, dans la région Atsimo-Andrefana. Cette cérémonie marque une étape majeure dans la mise en œuvre du Programme quadriennal de réponse à l’invasion acridienne (2024–2028), conduit avec l’appui technique de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le financement de la Banque mondiale.

Une menace persistante pour l’agriculture et la sécurité alimentair.
Madagascar est régulièrement confronté à des invasions acridiennes dont les impacts peuvent être dévastateurs pour les systèmes agricoles. En période d’invasion, les criquets peuvent détruire en quelques jours des mois d’efforts des producteurs, aggravant l’insécurité alimentaire et la vulnérabilité des ménages ruraux.
C’est pour répondre durablement à cette situation que le Gouvernement, en collaboration avec la FAO et l’IFVM (Centre national antiacridien), a mis en place un programme structuré de quatre ans visant à enrayer les invasions et à renforcer les capacités nationales de lutte et de prévention.
Des acquis solides issus de la première campagne.
La première campagne de lutte antiacridienne (2024–2025) a permis d’enregistrer des résultats significatifs. Au total, 288 000 hectares ont été traités par voie aérienne et 14 827 hectares par voie terrestre dans plusieurs régions fortement touchées, notamment Androy, Anosy, Atsimo-Andrefana, Atsimo-Atsinanana, Haute Matsiatra, Ihorombe et Menabe.
Ces opérations, menées par plus de 60 agents mobilisés sur le terrain, se sont déroulées sans incident sur la santé humaine ni sur l’environnement, grâce au respect strict des normes techniques et environnementales. Elles ont contribué à protéger les moyens de subsistance d’environ 420 000 personnes, tout en renforçant la coordination institutionnelle et les capacités opérationnelles des acteurs nationaux.
Une campagne 2025–2026 ambitieuse et stratégique
S’inscrivant dans la continuité des efforts engagés, la campagne 2025–2026 prévoit de traiter et de protéger au moins 600 000 hectares, à travers une combinaison d’opérations aériennes et terrestres. L’objectif est de contenir rapidement les infestations en cours, d’éviter des pertes agricoles majeures et de préserver la sécurité alimentaire des populations vulnérables.
Un accent particulier est mis sur le renforcement des capacités techniques de l’IFVM, notamment à travers des formations continues, des recyclages et l’amélioration des dispositifs de surveillance et de réponse rapide.Le budget estimé de cette campagne s’élève à 7,3 millions de dollars américains, entièrement financés par la Banque mondiale, témoignant de l’importance stratégique accordée à cette lutte.

Une mobilisation collective pour une agriculture résiliente
Le lancement officiel de cette deuxième campagne réaffirme l’engagement du Gouvernement de Madagascar et de ses partenaires techniques et financiers à faire de la lutte antiacridienne une priorité nationale. Au-delà de la réponse d’urgence, le Programme quadriennal vise également à poser les bases d’une lutte préventive efficace et durable, afin de réduire à long terme les risques d’invasions récurrentes.
Lors de la cérémonie de lancement, le Ministre de l’Agriculture et de l’Élevage, José Nirina Rasatarimanana, a souligné la portée stratégique de cette lutte, qui dépasse le cadre strictement technique. Selon lui, la maîtrise des invasions acridiennes constitue un levier essentiel pour protéger les ménages agricoles, stabiliser les productions et accompagner durablement le développement du monde rural à Madagascar.

À travers cette action, Madagascar renforce sa résilience face aux chocs agricoles et réaffirme sa détermination à protéger durablement ses productions, ses écosystèmes et les moyens de subsistance de millions de ruraux.