Madagascar valide sa feuille de route pour les investissements dans le secteur de l’élevage.

Le Ministère de l’Agriculture et de l’Élevage a franchi une étape décisive dans la refondation du secteur de l’élevage malagasy.

Un atelier national de présentation et de validation de la feuille de route pour les investissements dans le secteur de l’élevage s’est tenu ce mercredi 25 février 2026. Cet événement, appuyé par le Projet de Résilience du Système Alimentaire (FSRP), sous tutelle du MINAE et financé par la Banque mondiale, marque l’aboutissement de près de trois années d’analyses rigoureuses pour le développement du secteur. L’objectif général de cette rencontre était de valider la feuille de route pour les investissements dans le secteur de l’élevage, marquant ainsi le passage effectif de la planification à la réalisation.

L’élevage constitue la seconde activité du monde rural et mobilise près de trois ménages sur quatre. Malgré ce potentiel et une superficie de parcours estimée à 37 millions d’hectares, le secteur fait face à des défis persistants. Ceux-ci se traduisent notamment par la baisse du cheptel bovin ces dernières années et par une consommation de protéines animales par habitant restant très en deçà des recommandations internationales.

Le diagnostic réalisé souligne un déficit chronique d’investissements dans les infrastructures essentielles telles que la santé animale, les abattoirs et les circuits de commercialisation.

C’est pour répondre à ces défis que le MINAE a engagé l’élaboration du Plan Directeur du Développement du Secteur de l’Élevage (PDSEM), en commençant par une première phase d’analyse sectorielle approfondie.

Cette démarche a permis de réaliser le diagnostic des sous-secteurs, l’évaluation des chaînes de valeur prioritaires, la cartographie des acteurs ainsi que l’identification des contraintes et des opportunités pour un développement durable et inclusif.

Un atelier de co-validation des résultats préliminaires s’était déjà tenu en décembre 2025 afin de définir une vision stratégique, des axes prioritaires, des zones de professionnalisation, ainsi qu’une démarche d’appui institutionnel et des mécanismes de financement basés sur le partenariat public-privé.

Désormais doté de cet outil de pilotage stratégique, le Ministre de l’Agriculture et de l’Élevage a souligné, RASATARIMANANA José, lors de son intervention, que la transformation durable de l’agriculture nationale est indissociable d’une refondation profonde de l’élevage et d’une synergie entre les acteurs : partenaires techniques et financiers, secteur privé et ensemble des parties prenantes. Il a déclaré dans son allocution : « Je lance aujourd’hui un appel à nos partenaires techniques et financiers pour inscrire vos interventions dans une planification intégrée agriculture-élevage, en alignant vos financements sur les chaînes de valeur prioritaires afin de soutenir les investissements structurants qui déclencheront un effet de levier durable. »

Cette vision repose sur une séquence stratégique dans laquelle l’investissement public initial doit ouvrir la voie à un engagement massif du secteur privé, notamment dans les segments de la transformation et des services.

Dans cette dynamique, l’Institut International de Recherche sur l’Élevage (ILRI) a réitéré son engagement à long terme. L’institution entend placer l’élevage au cœur des systèmes de subsistance et de la résilience alimentaire, tout en renforçant son appui à travers la recherche appliquée, l’innovation génétique et l’amélioration des systèmes de production.

Enfin, les échanges entre les participants ont permis de lever certains points de vigilance concernant la viabilité économique de la filière. Les discussions ont notamment porté sur la nécessité de mettre en place une fiscalité incitative pour les producteurs ainsi que des mesures protectrices vis-à-vis des produits importés afin de favoriser la production locale.

La question de la banque agricole et de l’assurance agricole et de la formalisation des activités a également été identifiée comme un levier majeur pour sécuriser les investissements.

En validant ces feuilles de route chiffrées par chaîne de valeur, les parties prenantes disposent désormais d’un cadre opérationnel cohérent pour transformer l’élevage en un véritable moteur de croissance économique.

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