Régions Atsinanana – Alaotra Mangoro – Analanjirofo.
Le 19 janvier 2026 à Antananarivo, le Gouvernement Malagasy a procédé au lancement officiel de l’Assise Nationale pour la relance économique. Cette initiative stratégique vise à refonder les bases du contrat économique entre l’État et le secteur privé, dans l’objectif de promouvoir une croissance productive, inclusive et durable.

Dans cette dynamique, l’agribusiness s’impose comme une priorité stratégique, en tant que levier essentiel de création d’emplois, de stimulation des investissements et de renforcement de la souveraineté alimentaire nationale. Pilier central de l’économie malagasy et principale source de subsistance pour une large majorité de la population, le secteur agricole est appelé à opérer une transition structurelle vers un modèle plus productif, compétitif et orienté vers le marché, générateur de valeur ajoutée.
Cette transformation repose notamment sur le développement de la transformation locale, la structuration des chaînes de valeur, l’amélioration durable de l’accès aux marchés et la professionnalisation des acteurs agricoles.
À la suite du lancement officiel de l’Assise Nationale, le Ministère de l’Agriculture et de l’Élevage (MINAE) engage l’organisation des Assises provinciales dans les six provinces de Madagascar, dont la province d’Atsinanana.
Cette initiative revêt une importance particulière pour la province d’Atsinanana, véritable pôle agricole stratégique de la façade Est du pays, caractérisée par une grande diversité agroécologique et un fort potentiel en production rizicole, en cultures de rente et en filières de transformation.
Les régions de l’Alaotra Mangoro, de l’Atsinanana et de l’Analanjirofo constituent ainsi des bassins majeurs de production et de commercialisation agricoles, appelés à jouer un rôle moteur dans la relance de l’agribusiness et le développement économique régional.
À cet égard, les performances et potentialités des filières stratégiques illustrent le poids économique de ces territoires :
- Dans la région de Toamasina, les exportations de litchis sont estimées à 17 000 tonnes en 2026 ;
- Pour la région Analanjirofo a enregistré une exportation de 7 000 tonnes de litchis en 2026 et une production de girofle estimée à 104 000 tonnes ;
- La région Alaotra Mangoro demeure le principal grenier rizicole du pays, avec une production annuelle estimée à 450 000 tonnes de riz.
Ces performances confirment le rôle stratégique de ces régions dans la sécurité alimentaire nationale, le développement des filières d’exportation et la dynamisation de l’économie régionale.

Les échanges issus de ces consultations ont permis d’identifier des mesures prioritaires à impact rapide sur les filières stratégiques de l’agribusiness, notamment la filière riz, les cultures de rente, ainsi que les filières tomate, arachide, maraîchère, lait, bovine, avicole et les filières vivrières, qui constituent des chaînes de valeur à fort potentiel pour la province d’Atsinanana.
À travers les Assises, l’État entend impulser des réformes structurantes visant à lever les principales contraintes qui freinent le développement de l’agribusiness, en particulier :
l’amélioration de l’accès au financement pour les producteurs et les PME agricoles, à travers notamment la réduction des taux d’intérêt pratiqués par les institutions financières et le développement de mécanismes de financement adaptés au secteur agricole ;
le renforcement de la productivité et de la qualité des produits agricoles, par le développement des capacités des producteurs, l’utilisation de semences de qualité et le renforcement des dispositifs d’encadrement et de suivi technique ;
le développement de la transformation agroalimentaire, à travers la mise en place d’unités et d’usines de transformation, en particulier pour les filières de rente telles que le litchi ;
la consolidation des liens entre la production, les marchés intérieurs et les marchés d’exportation, afin de renforcer l’intégration des chaînes de valeur et la compétitivité des produits agricoles ;
le développement et la modernisation des infrastructures agricoles et des réseaux de transport, incluant la réhabilitation des routes rurales et pistes de desserte agricole, l’amélioration des infrastructures de stockage et de conservation, ainsi que la fluidification de l’acheminement des produits vers les marchés intérieurs et les points d’exportation ;
La sécurisation foncière en milieu rural, à travers l’accélération de la délivrance des certificats et titres fonciers, la clarification des droits d’usage et de propriété et la prévention des conflits fonciers, afin de garantir aux producteurs un accès sécurisé et durable à la terre, condition essentielle à l’investissement agricole ;
L’objectif est clair : faire évoluer l’agriculture d’un modèle de subsistance vers une agriculture entrepreneuriale, créatrice de revenus décents, d’emplois durables pour les jeunes et les femmes, et de valeur ajoutée locale.
Les Assises reposent sur un dialogue public-privé renforcé, associant l’ensemble des parties prenantes, notamment les producteurs, les organisations paysannes, les opérateurs privés, les institutions financières, les partenaires techniques et financiers, ainsi que les collectivités territoriales. Les consultations régionales permettront de prendre en compte les spécificités territoriales et de promouvoir une approche décentralisée du développement de l’agribusiness.
Les travaux des Assises déboucheront sur l’élaboration d’un Pacte national de relance État–Secteur privé, intégrant des engagements réciproques, des contrats de performance mesurables, ainsi qu’un dispositif de suivi-évaluation garantissant la mise en œuvre effective des réformes.

À travers cette dynamique, le Gouvernement Malagasy réaffirme sa volonté de faire de l’agribusiness un pilier structurant de la relance économique, au service de la sécurité alimentaire, de la compétitivité nationale et du développement inclusif et durable du pays.
« Mpamokatra mahomby, antoky ny firenena manjary ara-tsakafo »
« Des producteurs prospères, pour une nation bien nourrie »